HISTOIRES DE CHEVEU

De par le monde ...

Continent Américain

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Les Amérindiens, ou Indiens d'Amérique, sont les habitants du continent américain depuis des milliers d'années, avant la colonisation européenne des Amériques et avec leurs rites, croyances et traditions antiques.

Le cheveu a pour eux une signification profonde: ils croient que les pensées contenues dans la tête en sortent avec le cheveu; que les pensées récentes, actuelles sont près du cuir chevelu et que les vieilles pensées sont dans les pointes de leurs grands cheveux. Ainsi, plus longue est la chevelure, plus il y aura de pensées en elle.

 

 

jillandrieu-histoires-cheveuLe Scalp révèle les pouvoirs magiques du cheveu même détaché du corps humain.

C'est donc posséder la certitude de s'emparer définitivement de la vie et de l'âme de l'ennemi. Le scalp était entouré d'un rituel : le guerrier émettait certains cris, tout d'abord pendant l'acte puis lorsqu'il présentait son trophée à sa communauté. Par la suite, le scalp faisait l'objet de soins particuliers afin d'être conservé.

 

 

jillandrieu-histoires-cheveuDans la tradition amérindienne, les hommes ou femmes médecins, appelés aussi "chaman", étaient tels des herboristes dont le but était d'apporter une harmonie dans le corps et une légèreté de l'esprit. Ils soignaient leur chevelure en utilisant de la graisse animale et des élixirs de plantes ou de fleurs. L'huile essentielle de romarin, symbolisant la pureté, était utilisée sur la peau et les cheveux en signe de purification.

 

 

 

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Les Hopis, nom signifiant paix en français, étaient les voisins des apaches. La future promise portait une coiffure très élaborée en forme de macarons géants. Les mères des futurs époux se lavaient les cheveux ensemble dans le même récipient afin de sceller l'union...

 

 

 

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En Jamaïque, une hypothèse sous-entend que les "lockmen" se seraient inspirés des mystiques "sâdhus". Les dreadlocks sont ces mèches de cheveux emmêlés se formant seules lorsque la chevelure bannie, peigne, brosse, ciseaux et pousse naturellement. L'appellation viendrait de la bible et de la crainte de Dieu (dread of God)

 

Continent Africain

jillandrieu-histoires-cheveuCertaines tribus d'Afrique pensaient que le cheveu était une plante qui poussait sur leur crâne, afin de protéger leur tête, siège d'un esprit intérieur... qu'ils devaient leur corps à un dieu créateur et artiste... qu'un souffle divin animait leur cerveau !

Le peuple du Togo souligne le caractère sacré du cheveu. Même coupé, le cheveu est considéré comme une extension de l'individu. Hors de question qu'il soit touché sans respect. Pas de coupe de cheveu la nuit, car les esprits pourraient s'emparer des cheveux et conduire son propriétaire jusqu'à la mort...

 

jillandrieu-histoires-cheveuAu Congo, les ongles et les cheveux du mort sont déposés dans une petite statue représantant la personne décédée, le défunt assure ainsi bienveillance et protection à sa famille restée sur la terre.

En Afrique du Sud, de peur que leurs cheveux ne soient utilisés pour de la magie noire, ses habitants brûlent ou enterrent leurs cheveux coupés.

En Egypte ancienne, les personnages féminins et masculins de la couche sociale dite "élevée" portaient des perruques très sophistiquées en cheveux naturels. Quand aux prêtres, ils étaient aisément identifiables, car leur crâne était rasé en signe de pureté.

Continent Asiatique

jillandrieu-histoires-cheveuAu Japon, le jeune Samouraï était reçu au rang des aînés lors d'une cérémonie où il était coiffé par ses pairs d'une manière très spécifique... Le Sumo qui abandonne sa discipline vit un rituel lui aussi particulier, il se doit de laisser son chef d'écurie Sumo lui couper son chignon...

 

 

 

En Chine traditionnelle, la tête du nourrisson est rasée à 1 mois et l'homme ne coupe pas ses cheveux les 15 premiers jours du nouvel an chinois. Selon la tradition, le 2ème jour du 2ème mois du calendrier lunaire serait le jour le plus propice à recevoir une coupe de cheveux, c'est le jour où "le dragon relève sa tête".

 

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Ci-contre, une coiffure d'apparat.

 

 

 

En Inde, outre son caractère sacré, le cheveu nous offre toute sa beauté soyeuse, les femmes en prennent grand soin. Lors des cérémonies, la chevelure s'orne de bijoux et de fleurs. Un trait de poudre rouge sur la raie de leurs cheveux informe du statut de femme mariée. Les cheveux de la naissance sont associés à des mémoires karmiques indésirables, l'enfant doit donc être rasé pour signifier la libération du passé, puis les coupes de cheveux devraient être vécues tels des rites de purification rendant le corps pur et bon pour le culte.

Aujourd'hui, encore, coupés ou arrachés, ils peuvent continuer à influencer, par magie, le destin des personnes... Les cheveux sont aussi le siège de l'âme... les cheveux de Shiva, dieu de l'énergie, tissent dans toutes les directions la trame de l'univers.

Continent Océanien

Pour les Aborigènes, le cheveu revêt une importance capitale car il est doté de pouvoirs magiques. Un rituel du cheveu est vécu après chaque coupe afin de les faire disparaître et ne pas permettre au sorcier de leur jeter des sorts maléfiques. Symboliquement, les cheveux seront coupés lors d'un deuil proche en signe de dépouillement.

En Polynésie, un rite de passage a lieu à l'adolescence, pour les jeunes garçons. La coupe de cheveu devient une cérémonie maintenant les liens de la communauté.

Continent Européen

En Grèce, Roumanie, Russie et d'autres pays orthodoxes traditionnels, on remarque que presque sans exception, les moines et le clergé marié, les prêtres et les diacres portaient la barbe non taillée et les cheveux longs en respect d'un commandement donné à ces hommes pendant les périodes de deuil, à l'inverse de pratique païenne, qui invitait à se raser le crâne pour les morts.

En Pologne, avant le 18ème siècle, la première coupe de cheveux s'effectuait à 7 ans, avant cet âge la vie du garçon était reliée à la mère et il était traité comme un enfant. Ce rite lui offrait un nom supplémentaire et marquait sa transition dans le monde des hommes. Ce rituel était l'acte formel de reconnaissance de l'enfant comme un fils.

Dans la tradition juive

Les cheveux des garçons sont coupés à l'âge de 3 ans, en laissant 2 endroits au niveau des tempes, les papillotes (péot ou payess). A partir de cette cérémonie, ils sont aptes à comprendre les règles du judaïsme et commence certain rituel. Cette coupe devient un symbole de soumission à la religion. Dans certaine communauté, l'adulte laisse pousser ces "péotes" jusqu'à la hauteur de la barbe. Ils les laissent pendre, les enroulent autour de l'oreille ou les font disparaître sous leur couvre-chef. Il est suggéré aux hommes de porter des cheveux courts, une chevelure plus longue pourrait solliciter l'orgueil de la personnalité et détourner l'être de l'humilité demandée par les principes religieux.

...et dans la mythologie

Bérénice

... la Reine Bérénice II d'Egypte offrit sa chevelure à la déesse Aphrodite, en échange du retour victorieux de son époux, parti à la guerre contre la Syrie. Evergètes est revenu triomphant, mais la chevelure de Bérénice, restée dans le temple, a été volée par un prêtre fâché du fait que l'offrande a été faite à une déesse grecque. Conon, l'astronome de la cour, est intervenu pour résoudre l'incident et a déclaré qu'Aphrodite avait accepté l'offrande et emporté la chevelure au ciel, formant ainsi la constellation qui brille au Pôle Nord Galactique.

La Chevelure de Bérénice a donné son nom à une constellation de 44 étoiles, située près de la constellation de la Vierge...

 

Médusa

... était l'une des trois soeurs Gorgones, monstre avec une chevelure de serpents.

Selon le récit du poète romain Ovide, dans Les Métamorphoses, (an 8 av. J.C.), la Méduse était une prêtresse du temple d'Athènes, une belle femme qui après avoir été violée par Poséïdon, le Dieu de la Mer, a transformé dans sa furie sa chevelure en serpents. Cela a rendu son visage si terrible que celui qui le regardait se changeait instantanément en pierre. Le héros Persée l'a tuée en lui faisant regarder son image réfléchie dans un miroir, et l'a décapitée. Il a donné sa tête à la déesse Athéna afin de l'utiliser comme écu.

 

Samson

... avait les caractéristiques d'un Hercule grec. Son histoire est racontée dans la Bible chrétienne chez les Juges, 13-16. Un ange visite Manoa et son épouse au moment où les Juifs étaient oppressés par un autre peuple, les Philistins et leur promet que son fils leur apportera la délivrance s'il suit les voeux nazaréens, qui consistaient, entre autres choses à ne jamais se couper la chevelure.

Samson grandit dans cette voix sacrée et acquiert une force extraordinaire pour développer de grands exploits, comme vaincre un lion ou tuer mille Philistins. A un moment de son histoire, il tombe amoureux d'une femme, Dalila, qui est subornée par les Philistins afin de découvrir le secret de sa force. Dalila découvre grâce à la propre confession de Samson, que son secret réside dans la longueur de sa chevelure.

Lorsque Samson dort, elle lui coupe la chevelure et le remet aux Philistins, qui le réduisent en esclavage après l'avoir rendu aveugle en lui ôtant les yeux. Toutefois, Samson emprisonné, laisse croître sa chevelure et ainsi récupère sa force. Alors que les Philistins sont réunis dans leur temple, et avec l'aide de Dieu, il s'appuie sur les colonnes et détruit le temple en tuant tous les Philistins, mais en mourant lui aussi (Juges, 16:30).

Bouddha 

... durant son processus d'illumination, Gautama Bouddha est tenté huit fois par le démon Mâra, une divinité du panthéon védique qui personnifie le malheur et la mort de la vie spirituelle. Durant l'une des tentations, Bouddha touche avec ses doigts le sol pour demander son aide à la mère Terre. La mère Terre extrait de ses cheveux un océan et pousse Mâra et ses démons loin de Bouddha.

Malgré le temps qui passe, la chevelure conserve sa texture, ses formes, sa couleur... comme si une partie du corps ne pouvait pas mourir. Aussi est-elle, depuis toujours, un objet de culte et d'adoration. Le cheveu garde un aspect sacré.

La mèche de cheveu conservée n'est pas seulement un souvenir, mais une relique. C'est ainsi que quelques cheveux de Marie Madeleine, ceux-là mêmes qui auraient essuyés les pieds de Jésus, sont, paraît-il dans un reliquaire en l'église du couvent des jacobins à St Maximin.